De Nasca à Cusco : au cœur des Andes péruviennes

Avant de parler de cet incroyable trajet aux 12500 mètres de dénivelés, petit retour sur notre passage de la frontière péruvienne. Car au Pérou comme au Chili interdit de passer avec des produits frais. Or, nous ne le savions pas et nous venions de faire le plein de bons avocats chiliens et autres fruits et légumes. Alors on les a tout mis dans un sac, Vivien est passé en premier avec son trike, a récupéré discrètement le sac que gardait Pierre, puis Pierre a pu passer avec son trike. Le tour est joué !

 

Après avoir rallier Tacna depuis Arica à la pédale, nous avons pris un bus jusqu'à Nazca. Le mec qui charge nos trikes nous demandent un extra pour remplir sa poche, pour l'instant ça ne nous dépayse pas du Chili !

 

À Nazca nous sommes toujours dans un environnement aride et très chaud. Le bus nous évite de longs kilomètres monotones. Nous nous attaquons sous 35 degrés à la route pour Cusco, au programme 650 km, 12 500 mètres de dénivelés positifs, un vrai test !

 

Deux jours, c'est le temps qu'il nous faudra pour terminer la première montée de 90km et de 4000m de dénivelé. Presque pas de répit tout du long, seulement de la montée qui oscille entre 3 et 9%.

 

Heureusement le paysage change, après être passé d'un décor désertique avec notamment la plus haute dune de sable au monde, nous voici maintenant dans un environnement plus vert, quasi tropical.

 

L'altitude, le manque d'oxygène et le froid nous mettent à l'épreuve. Sans compter que plus nous avançons plus nous avons droit à des pluies diluviennes à partir du milieu d'après-midi.

 

Sur cette route nous nous accordons une journée de pause à la réserve de vigognes de Pampa Galleras. Les résidents, des biologistes, géologues, archéologues nous offrent le gîte et même le couvert. Certains d'entre eux finissent ici leurs études en y rédigeant leur thèse. Ces rencontres marqueront notre voyage. Nous découvrons avec des spécialistes passionnés la faune, la flore et l'histoire de ce lieu insolite, peu peuplé et perché à 4000m au milieu des Andes péruviennes.

 

Les villes sur la route traversées sur la route ne nous laissent pas un très beau souvenir. Les hôtels et les restaurants y sont plus chers, et les rencontres souvent plus difficiles.

 

Plus nous nous rapprochons de Cusco, plus la route est agréable, souvent plus peuplé. Nous traversons de nombreux petits villages agricoles peu denses. Aux abords des routes, de nombreux animaux domestiques sont attachés et broutent l'herbe : des moutons, des mules, des vaches et bien sur des alpagas.

 

La veille de notre arrivée à Cusco, nous décidons de nous arrêter à une trentaine de kilomètres de la ville, et de camper dans un champ. C'est alors qu'un petit garçon vient spontanément à notre rencontre puis sa mère nous invite à manger du choclo con queso (maïs bouilli et fromage) et à partager un thé dans l'unique pièce de leur modeste maison, au milieu des cochons d'inde.

 

Cette notre dernière rencontre avant d'entrer dans Cusco, seconde ville du pays et auto-proclamée capitale culturelle d'Amérique du Sud.