La Terre de Feu

Du 6 au 16 Novembre 2015

 

Une fois arrivés à Ushuaia, il nous a fallu faire l'inventaire des dégâts causés par le transport en avion : une roue voilée, un déflecteur cassé, etc. Après les réparations et quelques courses nous voilà enfin sur la route pour entamer notre longue remontée vers le Nord.

 

Nous ne nous attendions pas un tel accueil : les locaux comme les touristes nous interpellent, nous posent des questions, nous prennent en photo. Les voitures et les camions nous klaxonnent et l'on aperçoit le pouce levé de nos admirateurs à travers leur pare-brise.

 

En terre de feu, nous rencontrons un nouveau climat : il fait froid, le vent souffle fort, le temps est changeant.

Lors de ce premier jour à Ushuaia, la fatigue du trajet, le froid et l'impossibilité de faire fonctionner notre réchaud nous conduiront à nous coucher le ventre vide et sans rien ranger. Il fait froid, les premières nuits de camping vont être rudes. Au réveil de ce qui sera notre premier jour de vélo, nous découvrons que des oiseaux, des caracaras à crête, ont attaqué notre camp : le sac de riz, la sauce tomate, une poche à eau et aussi une tasse en plastique n'ont pas résisté à leurs coups de bec.

 

La Ruta 3 est la seule route significative qui traverse la Grande île de la Terre de feu. Cette route nationale, de plus de 3000 km, relie Buenos Aires à Ushuaia. Les premiers dénivelés arrivent peu après Ushuaia. Une première montée pour nous tester, puis une longue descente vers Lago Escondido pour savourer. Nous n'avions aucune expérience, nous voici en train de la construire. Ça roule ! C'est possible ! Nous avançons !

 

Nous découvrons aussi nos limites : nos genoux. La douleur est présente chaque jour, chaque kilomètre, à chaque tour de pédalier. Au soir du deuxième jour de vélo, nous arrivons à Tolhuin, ville à mi-chemin entre Ushuaia et Rio Grande. C'est ici que nous allons découvrir pour la première fois, la grande hospitalité sud-américaine pour les cyclistes. A l'arrière de la panadería du village (une grande boulangerie), un espace est réservé pour accueillir les cyclotouristes de passage.

 

Sebastian, cycliste allemand s'y est arrêté il y a huit mois et y travaille désormais. Il nous accueille et nous présente à Resa et Laura, deux médecins venus d'Ecosse pour un voyage du Sud au Nord du continent. Nous passons un jour de repos à Tolhuin avant de repartir vers Rio Grande.

 

Nous repartons les sacs plein d'empanadas offertes par la panadería La Unión. Et nous voici maintenant au coeur de la grand île de la terre de feu: de grands espaces de pampa, quelques guanacos et beaucoup de vent. Nos tricycles couchés prennent moins le vent que des vélos classiques et sont plus stables. Mais les vents forts nous obligent quand même à utiliser de petits développements même en descente. Nous remontons vers le nord, là d'où vient le vent.

 

C'est aussi l'occasion de faire nos premiers kilomètres sur de la piste sud-américaine : le ripio. Les trikes ne sont pas très adaptés pour la piste, mais ils passent. C'est aussi sur du ripio que nous avons notre première déconvenue : le poste frontière vers le chili que nous visions au milieu de la grande île de la Terre de feu est fermée jusqu'en décembre. Nous rebroussons chemin vent dans le dos pour rejoindre Rio Grande.

En quelques heures nous refaisons ce que nous avions parcouru pendant deux jours.

A Rio Grande, nous avons contacté Sergio qui a eu la gentillesse de nous accueillir chez lui. Nous y rencontrons d'autres voyageurs, Rodolphe un belge qui parcoure le continent en auto-stop et aussi les filles d'Avasoye (http://avasoye.com/) Laurine et Noëlie qui vont elles aussi vers le nord du continent en Combi Volkswagen.

 

Nous visons un poste de frontière plus au nord, au niveau de la baie de San Sebastián, le vent toujours aussi fort nous contraint à rouler l'un derrière l'autre, à chaque kilomètre nous nous relayons, parfois sur le plus petit développement même en descente. Cette terre à beau être plate, y pédaler vers le Nord s'avère difficile.

 

Le passage de frontière à San Sebastián est étonnant, comme si ni les chiliens ni les argentins n'avaient voulu aménager cet espace. Pas envie de rester ici plus longtemps, un nouveau pays nous attend : Le Chili.